Faut-il laisser pleurer bébé ?

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Les arguments contre le fait de laisser pleurer bébé

La plupart des ouvrages grand public actuels sur l’éducation et l’éveil de bébé sont unanimes : ne jamais laisser un bébé pleurer ! Le message est souvent le même : les précédentes générations ont trop laissé pleurer bébé. Les médecins et pédiatres actuels suggèreraient encore trop souvent de laisser pleurer bébé. Or, c’est la position contraire qu’il faudrait adopter : ne jamais laisser pleurer bébé, et surtout pas lorsqu’il s’agit de l’aider à s’endormir.

Pourquoi ? Différents arguments sont avancés pour soutenir cette position. L’argument le plus fréquent est que cela risque d’impacter le comportement de bébé à court et à long terme : les bébés qu’on laisse pleurer deviendraient des enfants puis des adultes plus anxieux, plus souvent dépressifs, ayant moins confiance en eux. Cela impacterait durablement le développement de leur cerveau. De plus, cela les habituerait à masquer leurs émotions et leurs besoins, à se renfermer sur eux-mêmes. Enfin, cela ne réglerait pas les problèmes de sommeil à long terme, au contraire : les enfants qu’on a laissé pleurer dans l’enfance souffriraient davantage de troubles du sommeil durant l’enfance et l’âge adulte.

Les arguments pour le fait de laisser pleurer bébé

Certaines personnes prônent le fait de laisser pleurer bébé. Le principal motif avancé est que cela lui permettrait par exemple d’arriver à trouver le sommeil tout seul ou à faire ses nuits plus rapidement. Ne pas laisser pleurer bébé, ce serait prendre le risque de faire un enfant capricieux plus tard.

Il y a quelques décennies, on pensait en effet que les bébés n’étaient pas sensibles à la douleur. Le corps médical notamment ne considérait pas les pleurs de bébé comme des signes de détresse voire de douleur, comme c’est le cas aujourd’hui, lorsque par exemple on réalise une prise de sang à un bébé. À tort, bien évidemment !

Sortir du débat stérile

Bien sûr, il faudrait définir très précisément ce qu’on entend par “laisser pleurer bébé”. Même un bébé élevé dans une famille très convaincue de l’importance de laisser pleurer bébé le moins possible aura tout de même du mal à empêcher bébé de pleurer plusieurs fois dans la journée.

En fait, quand on parle de laisser pleurer bébé, on sous-entend le plus souvent laisser pleurer bébé seul, sans compagnie, pour qu’il ou elle trouve le sommeil par lui-même. Mais là encore, on peut imaginer de multiples scénarios différents, pour lesquels il est difficile d’avoir une réponse tranchée sur la pertinence ou non de “laisser pleurer bébé”.

Qu’en disent les études scientifiques ?

Chaque camp arrive en général à citer des études scientifiques pour soutenir ses arguments, qu’il s’agisse ou non de laisser bébé pleurer. Deux études récentes ont été publiées dans des revues scientifiques de qualité et donnent des résultats intéressants.

Celle de Williams et al. de 2016 conclut que les jeunes adultes de 18 ans ont plus de risque de souffrir de dépression si leur mère a déclaré ne pas venir les prendre dans les bras lorsqu’ils pleuraient bébé, comparé à ceux dont la mère a déclaré venir les prendre tout de suite dans les bras.

Celle de Gradisar et al. de 2016 montrait à l’inverse que le fait de laisser un peu pleurer bébé pour lui apprendre à s’endormir seul n’avait aucune conséquence à court et à long terme sur l’enfant puis l’adulte.

Que faire en pratique ?

Laisser pleurer bébé un peu pour qu’il arrive à trouver le sommeil seul, si les parents sont trop fatigués pour l’aider systématiquement à s’endormir, est une solution envisageable. Que signifie un peu ? La réponse à cette question est très dépendante de la durée des pleurs de bébé, de ses gènes intestinales éventuelles pour trouver le sommeil, et de la tolérance aux pleurs des parents. Une fourchette de quelques minutes semble correcte à énoncer, mais est à adapter au cas par cas.

Bien sûr, il est très risqué de ne jamais répondre aux appels de bébé qui pleure. Dans tous les cas, prenez vos décisions de façon éclairée et n’hésitez pas à solliciter l’avis du personnel médical.

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